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A la source de cette étude est la quête, le désir d’intimité, l’intimité d’une relation physique entre un objet inanimé et le corps de l’homme.
S’asseoir dans un fauteuil enveloppant, plonger les mains dans un tiroir, se rapprocher de la lumière d’une lampe, autant de gestes quotidiens et anodins. En dehors de ces moment précis, l’homme est plus ou moins sensible au sens produit par les objets et oeuvres d’art, et leur attribue des caractères esthétiques ou passionnels selon son humeur.
Les pièces rassemblées dans ces pages sont des constructions inanimées qui se surpassent pour satisfaire notre soif d’intimité. Ces constructions, dans un premier temps prennent l’apparence de meubles de style, puis atteignent l’état avancé de «surmeubles» en composant avec nos réactions d’usager, mais également avec notre sens de la hiérarchie en matière d’esthétique et de goût.
La planche à repasser fait partie des outils ménagers que l’on range avec les balais dans un placard. Posée sur un socle, elle est admise au salon en qualité d’oeuvre dite conceptuelle. En changeant de matière, la planche à repasser peut intégrer le nouveau rôle social de console. Notre relation physique avec celle-ci est modifiée ainsi que notre point de vue esthétique.
Un meuble présente des aptitudes particulières; le bureau adopte le style 40 pour passer inaperçu, ne pas choquer pour séduire facilement. La structure parallépipèdique qui le coiffe définit un espace rassurant, une chapelle individuelle protectrice qui autorise l’utilisateur à laisser aller ses pensées en toute confiance, à l’abri, on plonge alors dans l’intimisme, le rapport amoureux.
Dans ce nouvel univers composé d’objets imprévisibles, l’homme devient moins imposant, il cède du terrain. On le retrouve sur les murs à l’état d’habitant discret, son esprit se dissout, il ne reste que son «enveloppe de meuble», son portrait figé dans le temps caché derrière un film d’altuglas.
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![]() | Troubles de la fonctionUne armoire de toilette sculptée en altuglass et mise sur socle s'élève au rang de meuble de salon. L'usager est confus puisqu'il doit réhabiliter dans son esprit un vulgaire objet domestique et le voir transformé en mobilier bourgeois. De la même façon, il pourra reconsidérer le porte-manteau, le radiateur d'appoint ou le mobilier métallique de bureau.
Troubles du comportement et de l'usageUne salle à manger est équipée d'une radio FM par chaise. Chaque convove peut choisir sa station et régler le volume. Le dîner peut alors prendre différents aspects. Il peut tourner à l'incommunicabilité totale si les invités se laissent aller à écouter leurs musiques favorites en assumant de ne plus s'intéresser à la conversation. Les invités peuvent aussi se mettre d'accord sur un choix commun, par exemple celui d'arrêter toutes les émissions sonores.
Troubles fonctionnels associatifsEn associant divers objets, Olivier Urman intensifie leur sens. Ainsi, un bougeoir baroque surplombe un filet à provision : le bougeoir exprime la convivialité, le cabas la satiété, le foyer. Ces deux objets en symbiose n'en font plus qu'un et l'ensemble constitue un lampadaire.
MatériauTous les meubles sont réalisés en Altuglas, ce qui leur confère quelle que soit leur forme une allure sculpturale, une certaine virginité et intemporalité.
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En brisant les signes de reconnaissance de l'objet usuel, il entreprend une refonte personnelle des différentes formes d'expression artistique tout en perturbant notre système cognitif de rangement. Il explore et ouvre les frontières entre l'art contemporain, le design et les arts décoratifs et participe ainsi à la fusion de ces différentes formes d'expression.
