Jeudi, 29 Juillet 2010
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picto.jpg "Red River"
Gao Giang
du 30 Avril au 28 Mai 2009

Gao Qiang est un artiste chinois d’origine de Dahian. Il s’installe comme beaucoup d’autres artistes à Yuan Ming Yuan et arrive à Pékin en 1994. Il déménage alors dans le nord de Pékin au pied de la montagne Yan en 1997 à Da Dong Liu, dans un site désolé.
Il lui faudra 3 ans pour achever sa magistrale série, son chef d’œuvre ‘La Chine de ces temps là’, 81 tableaux à l’huile qui racontent les histoires de plusieurs générations de partis communistes, 81 moments historiques qui composent ensemble un dragon rouge gigantesque. Chaque moment véhicule un impact flamboyant, et des informations décisives sur la révolution chinoise du siècle dernier. C’et un résumé de l’histoire collective de chacun et de ses connaissances du passé historique.
La série ‘Rivière Rouge’ décline des portraits de Mao dans les circonstances intimes, presque abstraites, de son existence, flottant et nageant dans les flots.
Gao Qiang utilise une facture réaliste mais deux couleurs phares de la civilisation chinoise, le rouge emblématique de ces années communistes et le jaune classique impérial.
Le décalage absurde entre le grand timonier au plaisir de cet enveloppement organique visage impassible, dans ce rouge flamboyant accentue la portée monstrueuse de sa tranquilité.
Le bain de sang sous le règne de Mao et les traumatismes subis par la population sont présents dans chaque destin. Tout chinois qui a vécu sous la domination de Mao a souffert de son impitoyable régime, de sa dureté.
Sinistre constat en effet que des recherches récentes d’historiens ont révélé. : 70 millions meurent sous son règne dont 38 millions de la grande famine, 20millions des emprisonnements causés par les réformes, 3 millions de la réforme agraire, 3 millions de la réforme culturelle.  Mao déclare lui-même au leader du parti communiste  albanais avoir 30 millions d’ennemis de classe.
Ye Jian Jing dit que 10 millions de plus sont morts après la révolution culturelle. On sait que Mao aurait pu changer sa politique au lieu d’affamer son peuple mais à préférer militariser le pays au détriment du sauvetage des paysans.
La dictature et la tyrannie autorisent le meurtre collectif et les faux  idéaux remplissent les cimetières. Chaque portrait de tyran (Hitler, Staline) surtout s’il subsiste encore sur les places publiques (celui de Mao décore encore la place Tienanmen) sont un rappel autoritaire à la soumission, aux meurtrières répétitions de l’histoire et à l’absurdité et la réalité démoniaque des régimes autocratiques.
Dans cette immersion sanguinolente, Mao comme l’ange de la mort nous entraîne dans son fleuve de l’enfer, liant rouge diabolique et glisse impassible  et muet  dans son éternité de l’horreur.